J'ai peur des ENFANTS mais je me soigne

Bon voilà je l’avoue, je ne suis pas du tout douée avec les enfants, je dirais même plutôt que je ne suis pas du tout à l’aise.

Quand ils font leurs blagues débiles je ne sais jamais réagir et je souris poliment comme à un adulte qui me dirait un truc inintéressant. Pourtant mince quoi, ce sont des mioches, je suis adulte, j’ai le dernier mot et le savoir !

Mais non, je fuis le maximum de situations où je pourrais me retrouver nez à nez avec un gosse…

1. Les manières de loutre bourrée

Alors ça moi, ça me laisse perplexe : regardez-les à table en train de faire le train avec leur assiette, de foutre trois fois leur verre par terre et de s’accouder dans la mayonnaise ?

J’ai toujours envie de hurler « Mais ooooh ça va pas là tu te tiens bordel ! » Mais je me retiens car les parents essuient, sourient, disent « c’est pas grave ça arrive » et ne sont pas choqués pour un sous que leur chérubin s’amuse à manger sa glace avec les doigts et le nez…

Comme technique de survie, je n’ai trouvé que la muraille de bouteilles : je me cache derrière tout ce qui peut cacher le nain…

2. La prise de parole chaotique

Nom de Dieu ce que ça me fout mal à l’aise un enfant qui parle. C’est long, lourd, inintéressant et impossible à arrêter.

Avant, gamine, je n’osais pas parler aux adultes. C’était « la table des adultes » et moi je n’avais qu’une envie c’était me barrer dans ma chambre pour jouer tranquille sans avoir à répondre à leurs questions faussement intéressées « Et alors ça te plait l’école ? », « Et c’est quoi ta matière préférée ? »

Maintenant, les gosses sont plus qu’à l’aise en société et pire, ils pensent que la société ne vit que pour eux. Donc ils te chopent et commencent : « Eh bah moi j’ai une blague super tu vas voir, tout le monde rigole trop quand je la raconte parce qu’à l’école tout le monde le dit que je suis trop drôle… »

Euh ? Ouais vas-y mec détends-toi t’as vu tes chevilles elles sont aussi larges que ton mètre vingt…

Et c’est parti pour la blague interminable et la chute, le jeu de mot foireux. Là tout le monde (qui s’est tue bien sûr pendant un quart d’heure) s’esclaffe en applaudissant.

Et me voilà complètement oppressée face à ce petit dictateur qui me regarde droit dans les yeux et me dit « Attends, j’en ai une autre ! » Alors en général, je fuis des yeux me comportant comme une cinglée qui entendrait des voix dans la cuisine et sort un truc bidon genre : « Oups, oulà ouh, ça sent un peu le brûlé non là ? » plutôt que d’être capable de le regarder droit dans les yeux et de lui dire « Non ça va stop, une seule blague c’est déjà bien. Je parle avec les grands maintenant. »

3. Le théâtre permanent

Encore les gosses avant trois ans, ça va. C’est un peu comme des petits animaux qui ne calculent pas ce qu’ils font, et c’est raccord avec leur petitesse.

Mais après… Fourberie et rire forcé maîtrisés, ils te manipulent un adulte en deux minauderies. Ça me donne juste envie, comme à un adulte qui te ferait le même cinoche, de leur dire : « Va crever avec ta drague bidon, tu crois vraiment que j’ai pas vu clair dans ton jeu ?! »

De voir les adultes plonger dans leur jeu, ça me rend malade. Le gosse sort trois grimaces, prend une petite voix chevrotante et dit « j’aiiiiiime paaaaas j’en veux piiuuuu… » et voilà que tout le monde s’inquiète, le dit malade, lui prend la température et lui donne un bonbon pour que « ça lui fasse un peu de sucre »…

Seule satisfaction ? Le regarder droit dans les yeux avec cet œil aussi noir que possible quand je le chope en train de narguer son frère avec ses bonbons.

4. Les chaussettes

Rien que d’en parler j’ai des frissons… Les enfants ont une vie très liée, très intime même, avec leurs chaussettes. Vous et moi mettons nos chaussettes le matin, les mettons au sale le soir et basta.

Mais non, un enfant passe sa journée à échanger des trucs avec ses chaussettes. Il marche partout avec, les tritures à table, mets les mains dans ses chaussures comme on mettrait nos mains dans nos poches, transpire dans ses baskets dégueu et les posent sur son oreiller…

Aaaaaah mais purée du coup c’est atroce ! Une bise à un enfant veut dire embrasser une chaussette ; lui tenir la main veut dire tenir ses pieds et le laisser toucher nos cheveux veut carrément dire que le môme s’essuie les pieds sur notre tête.

Tout ce que j’ai trouvé c’est de dire bonjour en frouffant ses cheveux et d’avoir toujours un peu de gel hydroalcoolique avec moi.

Timbrée ? Oui je sais mais quand vous repensez aux mains dans les chaussettes, vous devenez dingue… !

 

LP.

 

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