Je vais SÛREMENT être une MAUVAISE MÈRE…

Non, je ne me suis pas mis cette idée en tête toute seule, ce sont tous les éléments qui se sont réunis pour me le signifier de manière très claire.

Je sens au fond de moi qu'il n'existe pas une once d'instinct maternel ou de tendresse pour les « bouts de chou » qui se baladent dans les parcs en hurlant, la goutte au nez.

Et j'ai des preuves.

1. Les jeux dangereux

Quitte à passer du temps avec un gamin, autant en profiter pour voir ce qui se fait de nouveau au rayon des Playmobil et des Lego. J'ai accepté de garder mon neveu de 3 ans uniquement pour ça, hein, n'allez pas croire que je me sens une âme de Mère Thérésa.

Bon, sauf qu'il se lasse vite, le bougre. Après avoir fait semblant de construire une pseudo vie de famille dans son camping-car qui n'a même plus de roues, il a voulu qu'on saute sur le lit « pour faire comme si ce serait un crampoline » (oui, je lui ai déjà conseillé l'orthophonie mais il n'a pas l'air de piger). J'ai dit non, rapport au fait que mes lattes de lit sont fragiles. Mais devant ses pleurs irritants, j'ai cédé, à condition qu'il ne saute pas trop haut.

Sauf qu'en essayant de monter sur le pieu, il s'est tranquillement viandé et s'est mis à hurler comme s'il avait le bras cassé. Résultat des courses : je suis un danger public.

2. L'appartement inadapté

Malgré ce léger débordement, ma sœur a accepté de me confier à nouveau la prunelle de ses yeux, alias « crampoline » man, parce qu'elle voulait passer une soirée TRANQUILLE à boire du vin rouge dans son canapé.

J'ai donc sacrifié mon vendredi soir pour accueillir son mini-mioche absolument ravi de me voir puisque – grâce à sa mémoire ridiculement peu performante – il avait oublié l'incident de la dernière fois. À peine avait-il mis un pied chez moi, qu'il avait déjà ramassé deux capsules de bière qui traînaient de mon dernier apéro et essayait de les mettre à la bouche. Je l'ai arrêté juste à temps pour qu'il repère mon ficus et essaye de frotter sa tête sur les feuilles… Tout en tendant le doigt vers ma guirlande lumineuse et ses petites ampoules en verre trèèèès fin.

Après lui avoir couru après dans toutes les pièces, j'ai fini par construire un pseudo-fort avec les 1000 coussins de mon canapé et lui faire croire que s'il en sortait, il risquait de se faire dévorer par mon chat, très fâché de s'être fait tirer les moustaches.

3. L'imagination débordante

Est arrivé le moment de filer au lit pour le mini-troll. Et le moment de la délivrance pour moi. Je l'ai fourré sous la couette avec ses doudous alignés en rang d'oignon (parce que non, la panthère ne peut pas copiner avec le lamantin) et je lui ai collé un mini-bécot sur le front.

Au moment où j'allais filer au salon regarder la fin de mon épisode de « Scandal », il s'est mis à rechigner et à pleurnicher pour avoir son histoire… Bon, rapide tour d'horizon de ma bibliothèque où se battent en duel des classiques de la littérature française, des magazines féminins et deux bouquins de développement personnel achetés dans un moment de faiblesse : il va falloir lui inventer un petit quelque chose.

Je me suis lancée dans une sombre histoire de princesse pirate qui combattait le patriarcat à grands coups de discours féministes et de manipulations psychologiques. Pas sensible du tout à ma grande fresque romanesque, il s'est endormi au bout de quatre phrases, après avoir chantonné à son lézard en peluche « Une souris verte. »

4. La faiblesse absolue

Le lendemain, ma sœur m'a appelée pour me prévenir qu'elle viendrait le chercher après manger, le monstre. Il a donc fallu que j'aille au supermarché avec lui pour le ravitaillement obligatoire, parce que je n'allais pas lui filer du houmous ou des crackers.

Une fois bien installé dans le caddie, voilà que monsieur a commencé à me faire les yeux doux et tout un tas de compliments pour arriver à ses fins… Un vrai petit pervers narcissique en puissance, ce gosse ! En mon for intérieur, je me suis dit qu'il fallait absolument que j'en parle à sa mère pour éviter qu'il ne sévisse trop vite.

Boursouflée de mes bonnes résolutions, je suis passée à la caisse avec un petit pot aux carottes, trois paquets de gâteaux au chocolat, deux nouveaux Playmobil et un immense sachet de chips.

 

Que j'ai descendu dès que ma sœur est venu le chercher, après qu'il eut inondé mon sweat de morve parce qu'il ne voulait « pas laisser tataaaaaaaaaaaaaaaaaaaa. »

 

MDS

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