Une journée dans la PEAU d'une CONNASSE

Parfois, en me réveillant le matin, je sais immédiatement que je vais manquer de patience, de pitié, de gentillesse, d'humanité…

Je sais que je vais pester sur le petit vieux qui ne trouve pas sa monnaie à la caisse, râler contre la nana qui ne me tient pas la porte d'entrée de l'immeuble et aboyer sur Gustave s'il a le malheur de faire la vaisselle 10 minutes trop tard.

Breeef, je sens mon potentiel de connasse qui se réveille !

1. Le café fourbe

Bim, à peine levée, je me sens d'une humeur d'ours mal léché qui n'a pas mangé depuis 6 mois… En ouvrant la boîte de dosettes, je me rends compte que c'est la dernière. Bon. Bah tant pis pour Gustave, il n'avait qu'à en racheter la dernière fois que je lui ai demandé. Après tout, ce n'est quand même pas de ma faute s'il n'est pas fichu de faire les courses en temps et en heure ! Et puis je suis à la bourre, donc les cas de conscience, ce sera pour plus tard.

2. Le siège pas mérité

Arrivée dans le métro, boum, pas de place. Je respiiiire profondément et je cherche une stratégie pour ne pas faire mes 20 minutes de trajet debout, écrasée contre les autres moutons qui vont au boulot. Allez, c'est parti, je gonfle le ventre (activité grandement facilitée par le reste de Chocapic que j'ai avalé ce matin) et je prends un air soucieux devant une rangée de sièges. « Oh, vous êtes enceinte, madame ?! Asseyez-vous... » Ne me jugez pas, je m'entraîne pour le jour où j'aurai VRAIMENT un petit moutard dans le ventre.

3. La réunion retardée

A peine un pied posé dans l'open space, je sens que la journée va être plus compliquée que prévu… Et pour cause : il y a réunion avec le boss dans 10 minutes. Je pique un sprint pour arriver à mon bureau et on me prévient que réunion il y a toujours, mais boss il n'y a pas. Trèèèès bien ! Je vais prendre le temps d'aller me faire un café, une pause pipi, une vérification des ventes privées du jour et même d'aller faire un coucou à Soso qui bosse au 4! Ensuite, j'irai faire un tour en réunion, peut-être.

4. Le déj' de reine

Depuis environ une semaine, toute la boîte prépare le pot de départ d'une nana que je ne supporte pas… Jusqu'à maintenant, j'ai soigneusement réussi à esquiver les relances, mais c'est aujourd'hui que le superbe événement a lieu… Parfait, je vais tranquillement m'éclipser un quart d'heure avant les autres et filer décommander la table qu'ils ont réservée, pour y déjeuner seule. Le calme et le silence, y a que ça de vrai !

5. L'excuse inventée

Pffff, après cette longue journée aussi épuisante qu'inintéressante, je n'ai qu'une envie : me bauger dans le canapé avec une bonne série et de la nourriture en graaaande quantité. Seul hic : les copines qui veulent absolument aller tester un nouveau resto vegano-fusion. Bon, désolée Gustave, mais c'est le moment de leur faire croire que tu traverses une intense crise existentielle et que je dois rester à tes côtés et te tenir la main pour éviter que tu ne fasses une bêtise… Comme descendre tout le vin rouge qui reste dans la bouteille.

6. Le coucher congelé

Au moment de m'allonger près de Gugus, je sens un frisson me parcourir… Certainement parce qu'il fait déjà -12 dehors et qu'il n'a toujours pas trouvé comment on allume le chauffage. Le problème c'est que mon tiroir à chaussettes est beaucoup trop loin du lit. Tant pis pour mon Charmant, je pose mes pieds – glacés – contre ses mollets – délicatement tièdes – histoire de me réchauffer…

 

Et si ça le réveille, je lui ferai les yeux doux ! Mais comme il n'a pas eu son café ce matin, il dort déjà trèèèès profondément…

 

MDS

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