SEULE chez moi ce SOIR : même pas PEUR

Être seule chez soi un vendredi soir rime avec « looser ». Non c’est vrai, on a beau se dire : « N’importe quoi moi je suis une fille hyper indépendante, hyper saine, je me fais une petite soupe et bouquine tranquille en allumant des bougies… » C’est faux.

Le soir est là, il est vendredi, on n’a ni soirée, ni pote chez soi, ni : on sent un vide, ah que oui.

Mais comme je suis souvent ruinée de ma semaine sans fin, je n’ai pas envie de sortir le vendredi, c’est là tout le paradoxe. C’est pourquoi, j’ai élaboré une petite routine anti-loose pour passer un vendredi soir seule mais pas déprimant.

1. Les projets utiles

Pas que je veux rebosser, mais si mon appart’ ressemble à une poubelle, je ne me sens pas bien (trop de scroll sur l’Instagram Maison Sarah Lavoine ? Peut-être...) Du coup entre ce moment tentant de sortir boire un verre et ce moment parfait du pyjama devant série, je me fais une série d’alignement de bougies, de linge étendu et de nettoyage de lavabo. C’est con mais ensuite, j’ai enfin l’impression que la soirée « cosy and bougies » peut commencer.

Je me fous pied nu sur mon sol qui sent le Saint Marc au bicarbonate de soude, j’allume mes bougies bien alignées, et je me sers un verre de vin. Tout ce petit protocole m’aide à passer une soirée divine.

2. Le petit verre de Bordeaux

Eh ça va, demain on ne travaille pas, on peut s’octroyer un petit verre de rouge, même seule chez soi. Je prends toujours le verre géant, le ballon plus gros que ma main, ça donne un petit côté série américaine chez les riches et ça me pousse tout de suite à envisager ce vendredi soir avec plus de panache. J’ai mon grand verre, mes grandes bougies, mon sol tout propre, parfois je pousse le vice jusqu’à enfiler un pyjama chic, genre celui qui a le pantalon et le chemisier assorti, ça se travaille une bonne glande.

3. La motivation corps de rêve

Avant le dîner, après avoir encore un peu trop scrollé Instagram et bavé devant trop de « yogi-girls », je me motive à choper un tuto de Pilate ou de yoga et je sors mon tapis. Vingt minutes un peu bizarres avec mon moi-hippie en train de faire le « cobra » ou le « chien tête en bas » (peut-on m’expliquer qui est le mec qui a inventé les noms du yoga ?!) Namasté.

4. Le plateau du diable

Mais bien sûr cette micro pause sportive permet surtout de se regarder une minute après dans le miroir, de soulever son t-shirt et de se dire « Ah ouais c’est bon ça marche, j’ai pris un peu d’abdos », pour foncer sur le téléphone commander son plateau royal de makis.

Le mec me connait tellement que dès qu’il décroche il me sort « Ah oui 1 menu maki, 1 menu numéro 2 et en plus six makis fromage » Hmmmhmm oui voilà c’est ça…

5. Le bon film interdit

OK, on dira demain à nos potes hipsters qu’on s’est refait quelques petites Godard hier, un DE-LICE. Mais en vrai non, hein, Bardot et ses « Et ma bouuuuche ? Tu l’aimes ma bouche ? » on n’a pas trop envie ce soir, surtout après notre plateau de makis qui nous ballonne… Donc, direction Netflix « comédie » et c’est parti mon kiki…

6. Le thé de gourou

Pour continuer sur ma soirée « indépendance-et-bougies-je-ne m’ennuie-pas-du-tout-quand-mon-mec-n’est-pas-là-lalalalala », j’ai préalablement acheté dans une petite échoppe bio (oui on ne dit pas « magasin » pour ce genre de boutique mais « échoppe », ça fait encore plus bio) des tisanes et thés aux vertus aussi merveilleuses qu’incompréhensibles : « retour sur soi et allégresse », « introspection et chakra n°4 », « sérénité et détoxification ». On se prépare ce petit breuvage comme un chaman dans son chaudron et on le déguste dans notre tasse en céramique par petites gorgées qui font un bruit insupportable. Ça donne un côté mystique à la soirée et on se sent immédiatement connectée avec le grand tout.

7. Le shopping virtuel (mais vraiment virtuel)

Et puis comme cette comédie française est quand même vraiment pourrie – Grégoire va tromper Marie dans cette grande maison de campagne familiale dans le Lotte, maison beaucoup trop belle pour cette famille de « freelance », « photographe », « écrivain » et critique d’art ». La mère va engueuler tout le monde du haut de son blond chic et de ses bijoux un peu trop gros et Stéphane, qui travaille dans la finance, va encore ramener une nouvelle petite amie (beaucoup trop jeune) avec laquelle Greg va tromper Marie… » – je navigue en même temps sur internet…

Et là, pour se sentir un peu comme dans le film : « super friquée mais avec un job qui ne rapporte pas », je me fais des paniers imaginaires. Je vais sur des sites de déco, de fringues, de linges de maison et je remplis des paniers dingues : rideaux en lin, canapé en velours rose poudré, escarpins lamés, table basse en marbre noir et cuivre… Et puis quand j’ai fini mon mini kiffe, je fais une micro-hésitation avec ma souris entre « payer » et « supprimer mon panier ». Je supprime et je me félicite d’avoir gardé mes trois prochaines payes.

Et puis je m’endors paisiblement devant quelques épisodes de How I Met Your Mother (je m’en fous je les connais tous) et je me réveille en sursaut au son du « C’eeeeest MOIIIIIIIIII » tonitruant et un peu bourré de mon mec.

 

Des petits vendredis du feu de Dieu !

LP. 

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