Comment j'ai DÉCIDÉ de me foutre de TOUT et d'être heureuse

A force de cumuler les altercations avec les gros cons, j’ai commencé à me creuser un ulcère cérébral : « Mais comment est-ce possible que la bêtise soit aussi poussée ? », « Comment je peux faire pour que les gens soient un peu moins infâmes ? Un poil plus humain ? », « Dois-je envoyer mon cactus en plein dans cette petite vieille qui sort à la vendeuse métisse : « Ah ! Vous au moins, vous parlez bien français, non parce que les autres, on comprend rien ! » (Oui bon là oui j’aurais dû le faire mais j’avais peur de contaminer mon cactus de son ignoble connerie…)

Entre le collègue qui ne se sent plus pisser parce que le boss lui a passé un post-it, la voisine facho qui veut toujours qu’on ferme BIEN la porte parce qu’on est en DANGER et le serveur qui me tutoie en faisant un clin d’œil aguicheur en direction de mes cuisses, j’ai d’abord entrepris un grand piège à cons, imaginant un filet géant, des pieux et des gros morceaux de gruyères… Mais on m’en a dissuadée. Peut-être que tous les cons n’aiment pas le gruyère…

Et puis un jour, en lisant un bouquin sur l’art de vivre à la danoise, en buvant une tisane au nom perché de type « Paix et Cosmos » et en regardant un arbre bouger, je me suis sentie un peu chaman et je me suis dit « Hey peace mon frère (oui pourtant je suis une fille), tu n’es qu’un grain de vie parmi la Nature… » Alors voilà, discuter avec mon moi-hippie m’a permis, un, de me sentir un peu con, deux, d’être vachement plus positive.

1. Regarder un animal

Pour ne pas focaliser sur Brandon et Branda qui s’amusent à se moquer de toute la rame de métro en se prenant pour des hipsters-fashionistos-branleurs, je focalise toujours sur le chien. Si, il y a toujours une dame qui porte un petit chien aux yeux très très globuleux dans le métro.

Il suffit de scotcher tout le trajet sur cette petite tête un peu débile en laissant courir son esprit (est-ce que si la dame appuie trop fort sur la tête du chien, les yeux sortent ?) en le regardant sourire (oui je suis persuadée que les chiens sourient) pour se sentir beaucoup mieux.

2. Sourire bêtement (comme le chien justement)

Un jour dans l’ascenseur du bureau, deux types discutent très fort (parce que parler très fort dans l’ascenseur fait croire aux cons qu’ils sont importants). L’un dit :« Oh la connasse, elle nous l’avait bien caché ! » et l’autre répond : « Ouais putain, je voyais bien qu’elle avait pris du cul. » (True story.)

Ils parlaient bien sûr de leur collègue qui leur avait annoncés sa grossesse. J’ai eu envie de pleurer de rage mais je les ai regardés droit dans les yeux (poussée par mon moi-hippie-qui-parle-aux-arbres) et je leur ai fait un grand sourire un peu idiot. Ils se sentis cons (ils n’ont sans doute pas compris où était le mal, attention, à ce stade de connerie c’est irrécupérable) mais je me suis sentie juste un peu mieux de voir leur tête de gosses idiots qui ont fait une connerie.

3. Faire du yoga dans les toilettes

Non pitié ne riez pas. Au début je n’étais pas trop yoga, je me disais que c’était un truc de rebouteux fans des planètes qui voulaient entrer en connexion avec le grand tout… Bon et puis on m’a proposé de tester. Alors, j’y suis allée et là, révélation. Déjà, j’ai transpiré (donc c’est du sport), ensuite, je me suis sentie vachement mieux genre : « Hey tiens oh ? J’avais oublié de respirer depuis dix jours à part à travers une clope ! »

Du coup je m’y suis mise un petit peu, comme ça, de temps en temps (toujours ce moi-hippie qui m’appelle parfois, entre deux raclettes). Eh bien maintenant, lors d’une situation ultra tendue au bureau, je me barre dans les toilettes et je respire façon yoga en m’étirant. Trois minutes hein, il ne s’agirait pas qu’on pense que je fais la grosse commission au boulot…

Hop je reviens et dans ma tête je suis le moi-hippie qui marche sur un nuage en forme de la tête de Patoche (hey coucou enfoiré).

4. Envoyer des smileys

J’ai plein de problèmes parce qu’on pense souvent que je suis méchante. En fait je suis myope. Nuance. Du coup je ne reconnais personne dans les couloirs, je plisse les yeux souvent et ça me donne un air de mégère. Tout le monde part avec un a priori genre : « Wouah, franchement elle est hautaine… Moi ch’ais pas elle me fait peur. » Bon c’est utile parfois dans pas mal de circonstances mais dans d’autres c’est complexe.

Donc, pour désamorcer un conflit de potes, de couple ou de collègue qui n’ont pas compris votre myopie et commencent à vous brouter : il suffit de ponctuer n’importe quel SMS ou mail par un smiley.

C’est incroyable mais vrai : les gens comprennent mieux les « émoticônes sourire » que la ponctuation normale. Au lieu de dire : « Peux-tu m’envoyer la créa demandée hier ? », envoyez, « Peux-tu m’envoyer la créa demandée hier 😊 😉 » De « connasse autoritaire » vous passez à « meuf cool hyper détente. » c’est magique.

 

 

Allez, faites sortir le petit hippie-cool qui sommeille en vous ! Et Namasté…

 

LP.

 

 

Crédit Photo / Pinterest