Comment expliquer que... Je n'AIME PAS les ENFANTS (sans blesser)

Bien sûr je ne voudrais blesser personne, ni ces femmes courageuses qui ont permis à un humain de la taille d’une dinde de prendre ce passage interdit à tant de gens, ni ce père de famille attendrissant qui a des cernes aussi gros que les sacs de couches salles avec lesquelles il se bat, ni mes propres parents qui m’ont fait moi (mais je me détestais déjà enfant d’ailleurs, bon c’est hors sujet ça c’est pour ma psy) et qui m’ont élevée tant bien que mal, en me traînant comme un petit boulet hurlant chez Zara…

Non, je voudrais faire comprendre simplement, à tous ces gens attifés d’enfants, que moi, je ne les aime pas. Pas eux, mais leurs enfants.

Eux, je les aime, les grands, les adultes, mais leur mini-eux, pas du tout. Et ça, c’est super dur à faire comprendre. Si tu as le malheur de dire que le petit a un cheveu de travers, on assiste subitement à une crise de susceptibilité : le parent se touche les cheveux et dit : « Ah non mais pas du tout, pas du tout du tout, c’est juste qu’il avait un bonnet, il n’a pas d’épis, n’importe quoi, NIMPORTE QUOI ! »

Alors pour toutes celles qui sont face à ce fléau, voici quelques astuces pour contrer le môme sans (trop) blesser le parent fou d’amour de son môme.

1. Le demi-sourire froid

Ah non, qu’on ne me dise pas que je suis de mauvaise foi : j’ai demi-souri à sa blague de merde. Et franchement c’est déjà énorme. Le môme prend quinze minutes du repas des adultes pour raconter sa blague pourrie sur les Schtroumpfs... « Eh eh eeeeeh, en fait, c’est Antonin qui m’a dit une blague à la cantine, euh nan en fait à la récré, mais je crois que c’était avant le premier service de la cantine en fait, et du coup, après l’appel, avec Mathias et Noé, eh ben…. » AAAAAAAAAAAAAARG… Vingt fois qu’on s’est retenue de lui planter notre fourchette dans la main ! Mais quand il a fini, tout le monde a fait un « Aaaaah, ahahah oui, c’est drôle, oh c’est bien, hihi très bien mon chéri, bravo. », nous on a souri.

Eh bim, c’est passé crème, ils ont vu que bon voilà OK à ma décharge, le petit en a de meilleures c’est vrai, mais que je suis quand même sympa, parce que j’ai souri. Na.

2. Le petit intérêt

En train de parler à notre pote Soso d’un truc hyyyyyper important (rouge ou rosé ?), son mioche nous tombe entre les pattes et nous regarde. De un, moi ça me fout les chocottes de le voir là, les bras ballants te regarder fixement. Merde, fuis des yeux, regarde ailleurs, esquive : fabrique tes traumas d’adulte quoi ! De deux, il pense qu’il a sa place dans cette conversation alors il te coupe tout droit dans ses bottes pour dire : « Moi j’aimerais mieux de la grenadine, moi. »

Notre « nous normal » aurait aboyé un : « Bah tu vas surtout aller te faire cuire un œuf ailleurs espèce de malotru ! » (et c’est peut-être pas malotru qu’on aurait employé…) mais notre nous-dresseuse-d’enfant-et-de-parent a su gérer la situation sans heurt.

« Dis-donc toi petit coupeur de parole, si tu allais plutôt nous faire un de tes super beaux dessins et tu nous le montrerais à l’heure du goûter ? Hein ?! » Savoir expédier un gosse tout en lui faisant un compliment est encore la meilleure arme qu’on ait trouvée pour ne faire aucun blessé.

3. La phrase imparable

A force de fréquenter des gens avec enfants, j’ai réussi à décoder le langage parental. Pas celui qu’eux entretiennent avec leurs enfants, ça c’est encore autre chose, mais celui qu’ils entretiennent entre eux, parents.

Au début, on arrivait avec nos gros sabots : « Hey salut, c’est lequel le tien déjà, le petit roux ou le gros blond ? » Ah le « potelé » OK oui chouette il a l’air de… bien vivre ! » Bon, bien sûr on s’est fait détester immédiatement, bah oui. QUI penserait dire « la vérité » face à des parents ? Jamais nom d’une pipe, JAMAIS.

On apprend donc qu’il ne faut pas dire « gros » mais « qui est en pleine forme », « insupportable » mais « plein de vie », « toujours pas propre » mais « en avance sur autre chose ».

Et LA phrase qui vous sauvera de tout pour ne pas passer pour une vieille mégère qui déteste les gosses c’est : « Oh dis donc ce qu’il a grandiiiiii » en laissant bien trainer la voix sur le « iiiiiii ». Je n’expliquerais jamais pourquoi, mais c’est le meilleur compliment que vous puissiez faire à un parent, comme s’il avait super peur que le gosse reparte à l’envers genre Benjamin Button et leur fasse revivre l’accouchement à l’inverse… En tout cas, ça marche.

4. Le « je suis pas douée »

Pour éviter les mains poisseuses et les bisous ratés (non parce que parlons-en : un enfant ne SAIS PAS faire un bisou, il faut arrêter, il n’a pas le bon geste, il ne fait pas le bon bruit, c’est toujours très perturbant), il suffit de prendre un air un peu bêta et de dire : « Ouhlala, moi je suis vraiment pas douée avec les enfants… »

Là, tout le monde pense que je suis hyper triste de ma maladresse et tente de me « consoler » : « Maiiiiii siiiiiii, ils t’adoooorent ! », « Ça va venir t’inquiète ! », « Quand t’auras le tien tu verras ! »

Et hop, personne ne m’impose ses mioches car on pense que c’est une souffrance pour moi de ne pas sentir ce doux instinct maternel qui bercerait mes ovaires. Moi, ça me laisse juste en paix pour siffler mon verre de vin rouge en discutant avec les plus de 18 ans tout en leur taxant des clopes.

5. La méthode trash

Bon, elle est un peu costaud celle-là, mais quand le gosse est vraiment trop chiant (hey hey hello neveu) il faut parfois s’en débarrasser plus durement sous peine de se le fader à vie. Le jour où j’ai entendu « Tataaaaaa, j’ai finiiiiiiii » (et non, il n’avait pas fini son dessin, oh non…) J’ai décidé de couper les ponts net.

Déjà qu’il me broutait depuis longtemps, là il fallait lui signifier que non, clairement et définitivement je n’en avais rien à faire de ses Ninjago-pokémo-ball-Z.

Il faut bien s’éloigner des parents quand on fait ça, mais en gros, il suffit de griller une connerie (franchement c’est ultra simple, ils ne font que ça) et de débouler dans la chambre avec le regard en feu et la voix d’une sorcière Disney : « Je te préviens, tu recommences ça une fois, UNE FOIS : je te brûle tous tes jouets et je te les fais bouffer. »

Oui bah oui c’est violent mais bon aussi le gosse est un enfant roi qui ne sait pas manger sans en foutre partout. Ça ne donne pas envie de se le fader en voisin de table pendant quinze ans.

 

Allez, bon courage à vous aussi avec les nains !

 

LP. 

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