"Midgar" de Noham Selcer : Final Fantasy VII comme miroir du monde

Une PlayStation arrive dans un appartement du XVe arrondissement. Sura, Zellik et Gaston ont les yeux rivés sur l'écran. Le jeu s'appelle Final Fantasy VII. Sa ville, Midgar, est tentaculaire, industrielle, oppressante. Trente ans plus tard, les trois frère et sœur ont grandi, pris des chemins radicalement différents et semblent avoir quitté leur univers d'enfance. Semblent seulement. 

"Midgar" de Noham Selcer : Final Fantasy VII comme miroir du monde

1. Pourquoi on aime ce livre ?

Parce que Noham Selcer prend la culture populaire au sérieux et en fait quelque chose de littérairement ambitieux. Midgar n'est pas qu'un jeu vidéo dans ce roman : c'est une fable sur ce que notre civilisation détruit, et sur ce qui en nous continue de résister. Structuré comme une partie de jeu répartie sur plusieurs disques, le roman oscille entre trois points de vue avec une maîtrise et un humour rares.


2. Pour qui est ce livre ?

Pour toutes celles qui ont grandi avec un écran et qui gardent quelque part en elles un monde imaginaire auquel elles ne veulent pas renoncer. Ce roman générationnel parle d'écologie, de capitalisme, de fraternité et de ce qu'on sacrifie en grandissant. Il touchera aussi celles qui aiment les romans ambitieux qui ne simplifient jamais.


3. On lit ou pas ?

Oui, carrément. On referme Midgar avec cette phrase qui reste : tout ce qui n'est pas sauvegardé est définitivement perdu. Et on espère que Selcer, lui, continuera longtemps à sauvegarder.





Editions Gallimard : 25 €