Je VEUX mettre un peu d’ELEGANCE dans ma VIE

Allez zou, c’est décidé, finie la débâcle de vie bordélique, je vais tenter de me faire une vie plus classe, plus chic, plus élégante…

J’ai commencé à feuilleter des magazines de déco, à suivre des comptes Instagram de nanas qui avaient l’air d’avoir une vie si glamour et ordonnée que ma vie semblait être une poubelle en tongs et je me suis fait des tableaux Pinterest, sorte de Sim’s pour adulte où l’on se fabrique sa déco de rêve, sa penderie de rêve, ses petits-déjeuners de rêve…

Bon, je n’ai pas la vie de mon Pinterest, mais j’ai gagné sur quelques tableaux…

1. Les relations avec les humains

J’ai remarqué un truc hyper pas classe : les gens. Une grande partie des gens se comporte comme des enflures infâmes. Forcément ça transpire sur moi et je me transforme en boule de haine toute rouge et prête à râler.

Et puis je me suis vu rentrer dans le jeu de ces gens et ça m’a fait bizarre. Je me suis vue dans dix ans, avec une ride du lion grosse comme un pneu et une bouche perpétuellement pincée. J’ai vu ma grand tata qui nous juge à Noël et j’ai flippé.

En toute élégance et allégresse j’ai décidé de tenter de devenir une de ces femmes classes qui se contente d’un regard hautain et froid lorsque quelqu’un lui roule dessus dans le métro.

J’ai dit pardon, davantage merci, beaucoup plus bonjour et vraiment, la vie s’est un peu améliorée (oui bon ne déconnons pas, j’ai mes moments de haine suprême) et j’ai eu de très bons retours : « Hey tu as l’air radieuse en ce moment ! » Oui, j’ai mis de l’élégance dans ma vie.

2. Le soin offert à mon estomac

A la trentième chips trempée dans du houmous, je me suis dit STOP. Je vais donner du luxe à mon estomac, je vais devenir cette personne qui a une ribambelle de fruits et légumes de saison dans sa cuisine et sait quoi en faire.

Alors je me suis abonnée à une ruche, j’ai commandé des paniers de saison et… J’ai galéré. Bon au début hein. Je ne savais pas quoi faire de ce gros trucs rond et orange que j’avais seulement vu sur des cheminées pour décorer à Noël, je ne savais même pas comment on épluchait le céleri ni comment cuire une patate douce. Bon j’ai googlé tout ça, ai tenté des recettes simples et franchement, je suis au moins devenue la reine des soupes. Du coup je me sens mieux que le bide blindé de houmous et je peux me la péter en déclarant que « J’adoooooore le potimarron, mais si c’est très simple à cuisiner ! ».

3. La gentillesse envers mes lainages

L’élégance c’est aussi un joli manteau sans bouloches. Eh oui, j’ai compris que plutôt qu’avoir des tonnes de vêtements il fallait mieux avoir quelques belles pièces bien entretenues.

C’est ce qui donne chic et élégance. J’ai donc ressorti une table à repasser et acheté de la lessive spéciale laine. J’ai trié les couleurs pour garder des t-shirts vraiment blancs et, bon, c’est chiant, mais c’est vraiment efficace. Plaisir intense que d’enfiler ce gilet tout beau et ce pantalon sans plis… Du coup j’ai balancé tous les trucs délavés, passés et informes pour me faire une garde-robe minimaliste et plus chic. Gain de temps énorme le matin !

4. Le je-m’en-foutisme désabusé

J’avais tendance à prendre les trucs vachement à cœur. Du genre à passer vingt-cinq minutes pour expliquer à un collègue pourquoi il ne fallait vraiment pas acheter telle machine à café tant les capsules tuaient à vitesse grand V la planète ou tenter de faire comprendre à une amie que ce pull n’était pas bleu mais bleu canard !

Du coup, j’avais souvent l’air d’une vieille folle. Et puis un jour, me voyant m’énerver dans un repas de famille en expliquant qu’on ne coupait pas le pain mais qu’on le ROMPAIT, je me suis dit « Arrête-toi vieille folle … Lâche du lest, laisse vivre les autres, fous-toi un peu des choses. »

Au début je me retenais de ne pas reprendre tout le monde, et puis j’ai appris à laisser couler… J’écoutais de loin les conneries de tonton relou, je souriais poliment à la blague nul de cet enfant sans grammaire, je laissais couler les potins vaches de collègues vipères… Bref je me détachais et m’en foutais royalement. J’ai gagné en zénitude. Tellement plus élégant.

5. Le travail heureux

Vu que je passe la majorité de mon temps posée sur mon siège en similicuir face à mon vieil ordinateur, je me suis dit qu’il fallait y implanter aussi un peu d’élégance et de bien vivre pour ne pas finir desséchée comme un vieux calamar échoué.

Alors j’ai commencé par bien commencer. Ne pas courir au boulot en enfilant un café dégueu dans un gobelet cartonné mais me poser chez moi en faisant du yoga. Pas facile car cela nécessite de se lever une demi-heure plus tôt, mais jouable quand on voit les bienfaits dès une semaine.

Ensuite, j’ai soigné la déco de mon bureau pour avoir un environnement accueillant quand j’arrive et pour renvoyer aux autres un peu de bonheur : « Oui cette plante fait du bien à tout le monde. »

Phase la plus rude : tenter de laisser couler. Laisser couler le gros Dédé qui, comme d’habitude enfonce des portes ouvertes et saoule tout le monde avec ses histoires ringardes ; oublier aussi que Monique et Jean-Pa passent leur vie à cracher sur notre équipe parce que… Bah ils n’ont que ça à foutre ; et surtout, laisser couler quand tout ne rentre pas dans une journée.

 

Après tout, personne ne meurt à la fin. Et puis ce n’est pas élégant de se presser : on devient tout rouge te tout suintant.

LP. 

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