CHRONIQUE d'une RÉDACTRICE NOYÉE #Parisetsesintempéries

Habitante d’une péniche dans le petit bras de la Seine vers Boulogne Billancourt, j’avais toujours entendu parlé du phénomène de crue sans jamais le voir.

La Seine monte blablabla, Paris les pieds dans l’eau blablabla. Ouais, ouais !

Autant vous dire que quand la grande crue parisienne a été annoncée mardi, j’ai vécu un véritable ascenseur émotionnel.

 

Jour 2, 2 juin 2016

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’une péniche est amarrée contre des Duc-d’Albe, sortes de grands poteaux qui sont censés nous retenir en cas de crue. Comme l’eau monte, la péniche monte avec. Mais forcément avec le pot que j’ai, les amarres sont restées bloquées.

Je me suis réveillée ce matin avec l’impression de vivre sur un voilier en perdition tant la péniche penchait.

Temps apocalyptique, quai inondé, paquet de clopes à moitié vide et pénurie de céréales.

Alors je reste là, assise sur le pont, à vider mes bottes pleines de flotte et à prier pour que quelqu’un passe et me lance des clopes et des tampons…