Mon CHAT et MOI : la tumultueuse HISTOIRE

Au début j’avais dit : ah ça non, pas de chat en appartement ! Ça s’ennuie, ça perd ses poils, ça fait des dégâts, c’est embêtant pour partir en vacances… Et puis un jour, un jour de grande faiblesse, j’ai fait la bêtise de taper sur le bon coin « Chaton à donner » … J’étais perdue. Me voilà donc avec un chaton tout gris et tout poilu sur les bras appelé Chaussette (vous allez comprendre)…

 

 

 

1. La phase « Oooooh cro mignonnnnn »

Au début, c’est le paradis. Il est mignon, chaque chose qu’il fait est adorable : il ne marche pas droit, il tombe tout le temps, il s’endort partout. Mais justement : il s’endort PARTOUT ! Du coup un jour, panique ultime : je ne retrouve plus Minou (il n’avait pas encore de nom). Je cherche une heure, je pleure, je hurle, je me dis que jamais je ne pourrai avoir d’enfants, car je suis une mère indigne.

Alors que je m’habille pour aller voir s’il n’est pas passé sous la porte pour sortir dehors – oui on devient taré dans ces moments – j’ouvre mon tiroir de sous-vêtements, attrape en vitesse une paire de chaussettes et… Oh ! Une boulette de poils toute chaude et endormie ! Le bougre ! Il dormait gentiment dans le tas de chaussettes (oui j’en ai en mohair…) Depuis, je l’ai baptisé Chaussette.

 

 

 

2. La phase « NON ! »

Puis le petit machin grandit, il devient un chaton tonique et dynamique qui s’apparente plus à un gosse de 4 ans en furie qu’à une grosse peluche toute mignonne. La phase de « NON ! » est alors enclenchée.

 « Lâche le pull en cachemire ! Lâche-le ! », « Veux-tu cracher ce papillon ! Crache ! », « Chaussette, arrête de boire dans les toilettes ! Arrête ! » Et puis à chaque connerie, il a ce petit regard de filou qui dit « Oh ? Vraiment ? Pas les griffes sur le cuir du fauteuil ? Oh désolé, j’avais pas fait gaffe. »

 

3. La phase ado

Ça y est, il est un grand matou jeune et fringant et il commence alors à me contrôler ! Il fait la tronche quand je sors le soir et que je l’ai laissé seul trop longtemps. Il me regarde avec un air hautain pendant des heures lorsqu’il n’a pas eu de rab de croquette. Il décide de ses horaires de couché et de levé, et bien sûr je dois suivre…

D’ailleurs il a tout un tas de techniques malines pour me faire céder. Par exemple quand, à 5 h du mat’, c’est l’heure des croquettes, il vient se mettre à côté de ma tête, et pose sa patte à plusieurs reprises sur ma joue en faisant « MEOW ». Et si je ne me lève pas. Il fait pipi sur ma couette.

 

 

 

4. La phase inquiétude

Mon chat et moi menons notre petite vie de couple un peu grincheux. Chaussette est pénible, mais je l’aime comme la prunelle de mes yeux. Alors, le jour où il ne mange plus et se traine… C’est la panique totale ! Vétérinaire en catastrophe, jours de congé posés pour rester avec lui, recherche sur Doctissimo… Bref. Le véto ne trouve rien, je vais en voir un deuxième, puis un troisième, jusqu’au jour où l’on me dit que mon chat est trop gros et ne joue pas assez.

Bim, prends ça. Là, on se sent mal, c’est carrément toute notre alimentation qui est remise en cause, pire, on  pense que le véto nous a traité de grosse. On rentre chez nous. On regarde Chaussette : bon c’est vrai qu’il a le ventre qui pendouille, mais bon… C’était pas les hormones qui faisaient ça… ? C’est décidé, on va se mettre au sport ! Achat de souris téléguidée, de laser, de plumes, de croquettes diététiques. Chaussette fait la gueule. C’était vachement mieux de finir les bouts de tarte de sa maîtresse affalé dans le canapé. Là c’est course, jeu et compagnie ! Au début il ne comprend pas bien ce que je fais avec ces plumes que je lui agite sous le nez. Puis, il se prend au jeu et à présent, c’est tous les soirs la folie folle.

 

 

 

5. SON appartement

Chaussette va mieux, est plus mince et est devenu un grand joueur en pleine forme. Le truc c’est qu’à présent, il y a un arbre à chat qui remplace mon bureau, que mon sol est couvert de plumes décharnées et que le sac géant de croquettes qui trône dans mon placard m’empêche d’acheter une cocotte-minute.

Bref, mon chat est un peu devenu le proprio de mon appartement, d’ailleurs, si je change la place de son fauteuil avec son plaid pourri dessus, il me fait la gueule. J’ai donc abandonné toute idée de déco de peur que ça le perturbe… Mes vacances me coûtent un bras parce qu’il faut un appartement pour que je puisse emporter Minou – qui coûte au passage 6€ dans le train – et j’ai rompu deux fois avec des mecs parce qu’ils étaient allergiques aux chats…

C’est grave Docteur ?

 

Léa Philippe

Crédit Photo : Pinterest