LA GUERRE DES SEINS : vous en êtes où, VOUS ?

Figurez-vous que les mœurs n’ont pas tellement changé… On s’est aperçu que les problématiques en matière de poitrine n’avaient pas tellement bougé depuis le début de XXe siècle !

1. Le sein mal aimé

Vous vous voyez, observant votre poitrine que vous trouvez trop lourde, trop tombante ? Vous vous prenez à rêver de petits seins fermes et toniques que les magazines nous vendent sur leur mannequin de dix-sept ans.

Un article de Colette, datant de 1918, relate une conversation de femmes attablées à une terrasse. Parlant de ses seins, une dame s’écrit : « Oh ! Que c’est ennuyeux !... Je ne sais qu’en faire…

- Et moi, et moi ! s’écria la danseuse kaki. Croyez-vous que ce soit commode, des seins, pour danser ? »

2. La course à la diminution

« - A qui le dites-vous ! renchérit la chanteuse bleue. Moi, j’ai tout essayé. J’ai consulté des médecins, j’ai fait tous les instituts de beauté. J’en suis au même point, vous voyez ! »

Une bataille se livre contre des attributs pourtant plutôt aimés par la gent masculine... Si l'on pouvait, on se taillerait le corps à coup de truelle pour rentrer dans une taille 34 !

3. La lutte contre le féminin

Il semblerait que la femme souhaite se débarrasser de ses attributs « féminins » depuis des générations entières ! Révolte ? Besoin d’égalité et de parité ? Et si ce torse un poil plus volumineux que ceux des hommes était une force et non une faille ?

Les dames de Colette continuent : « La mode n’en finit pas de demander des femmes sans avantages. Les robes, on les coupe sans devant ni derrière. (…) Il y a un mannequin, chez Pears…

- Oui, oui, nous la connaissons : c’est Fernande ! Elle n’en a pas [des seins], mais pas ! »

Mannequin plate, enfantine et sans un seul « avantage » ? Ça ne vous rappelle rien ?

Quand est-ce que la mode pour femme va inclure les VRAIES femmes ?

 

Pour reprendre les mots de Colette : « Vous que l’on égala à la pomme vermeille, à la pêche de velours, à l’astre, n’avez-vous connu tant de juste gloire que pour qu’un petit aréopage imbécile de tailleurs d’étoffes vous supprime, et qu’une sotte, riche d’un trésor dont elle n’est point digne, parle de vous faire « passer » comme une maladie !... »

 

Léa Philippe

Colette journaliste, Chroniques et reportages 1893-1955, Gérard Bonal et Frédéric Maget

 

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