"Rien à voir" de Gaëlle Obiégly : une exposition sans œuvres à regarder et où tout est à entendre
Rose de Nuit écrit des fiches de lecture pour vivre. Un jour, elle dérobe un livre blanc dans une bibliothèque. Peu après, un artiste plasticien lui propose de rassembler ses œuvres pour une rétrospective. Sauf qu'au moment d'ouvrir l'exposition, il n'y a rien à voir. Les œuvres ont disparu. Remplacées par leur récit.
1. Pourquoi on aime ce livre ?
Parce que Gaëlle Obiégly refuse obstinément de faire comme tout le monde. Son roman parle d'art sans prendre la pose, d'intelligence sans raideur, de survie sans pathos. Le personnage de Mamadou, agent de sécurité devenu observateur immense du monde social, donne au livre une tout autre dimension : le musée n'est plus seulement un lieu de contemplation, il devient une scène où se redistribuent les places et les voix.
2. Pour qui est ce livre ?
Pour toutes celles qui aiment la littérature qui ne suit pas les codes et sort des sentiers balisés. Ce roman parlera à celles qui s'interrogent sur ce que l'art fait vraiment aux gens, pas aux initiés ni aux experts, mais aux vigiles, aux lecteurs de travers, aux visiteurs accidentels. Celles qui croient que les détours finissent toujours par toucher juste.
3. On lit ou pas ?
Oui, si on aime se laisser surprendre. Rien à voir ne ressemble à rien de connu. C'est précisément ce qui en fait un roman traversé par une grâce rare. On le referme avec le sentiment d'avoir assisté à quelque chose d'unique, sans tout à fait savoir quoi. Et c'est magnifique.
Editions Verticales : 21 €