"Le Fabuleux Piano" de Sonia Devillers : un piano volé en 1943 qui résonne encore aujourd'hui

En 1943, les nazis pillent un piano à queue appartenant à la famille Enoch, célèbres éditeurs de partitions dont l'instrument se transmettait de père en fils depuis des générations. Cet objet disparu, Sonia Devillers va le chercher. Et en le cherchant, elle trouve bien plus qu'un piano : des milliers d'instruments arrachés à des familles juives, stockés dans des camps, transportés sous les bombes à travers l'Europe.

"Le Fabuleux Piano" de Sonia Devillers : un piano volé en 1943 qui résonne encore aujourd'hui

1. Pourquoi on aime ce livre ?

Parce que Sonia Devillers a l'art de rendre perceptible l'ampleur d'un système en s'obstinant à regarder un seul objet particulier. Ce piano n'est pas un prétexte : c'est un fil qu'on tire et qui déroule toute l'horreur de la spoliation nazie, avec une précision documentaire qui n'enlève rien à l'émotion. Sa plume de journaliste et sa sensibilité d'écrivaine font un mariage rare. On apprend énormément. Et on pleure aussi beaucoup.


2. Pour qui est ce livre ?

Pour toutes celles qui aiment les livres qui racontent l'Histoire à hauteur d'objet, à hauteur d'humain. Ce récit parlera à celles qui s'intéressent à la mémoire familiale, à la transmission et à ce que les objets aimés portent en eux bien après la disparition de ceux qui les ont possédés. Une fois refermé, on ne regardera plus les objets qui nous entourent tout à fait de la même façon.


3. On lit ou pas ?

Oui, et on en parle autour de soi. Le Fabuleux Piano est le livre de rentrée qui fait du bruit pour les bonnes raisons : bouleversant, instructif et magistralement mené. On referme ce livre avec cette image qui reste longtemps : un appartement vidé de ses habitants, un silence là où la musique était.




Editions Robert Laffont : 21 €