"Le Cannibale de Malmö" d'Alexandra-Thérèse Keining : et si le monstre n'était pas celui qu'on croit ?
Il s'appelait le Cannibale de Malmö. Il a été enfermé. Et un jour, il a été libéré. Logé à deux pas d'une crèche. Quand une enfant disparaît dans le quartier, tout semble trop évident pour être vrai. Réalisatrice et scénariste suédoise primée à Cannes, Berlin et Toronto, Alexandra-Thérèse Keining signe avec ce premier roman un thriller psychologique oppressant qui entraîne le lecteur dans les couloirs d'un hôpital psychiatrique de haute sécurité, là où la frontière entre folie, culpabilité et rédemption devient de plus en plus floue.
1. Pourquoi on aime ce livre ?
Alexandra-Thérèse Keining ne cherche pas à faire peur avec du spectaculaire. Elle préfère installer une tension psychologique sourde, qui monte lentement et ne vous lâche plus. Son œil de cinéaste se sent à chaque page : les scènes sont construites comme des séquences, les silences sont aussi lourds que les mots. Et la vraie question du livre n'est pas de savoir si le cannibale est coupable. C'est de se demander ce qu'on fait, collectivement, de ceux qu'on ne sait pas guérir.
2. Pour qui est ce livre ?
Pour toutes celles qui aiment les thrillers qui dérangent sans jamais sombrer dans le voyeurisme. Ce roman explore les mécanismes de la psyché humaine avec une rigueur rare, en interrogeant notre capacité à croire en la réhabilitation des individus les plus dangereux. Il parlera aussi à celles qui s'intéressent aux coulisses de la psychiatrie légale, un monde opaque que peu d'auteurs osent vraiment regarder en face.
3. On lit ou pas ?
Oui, mais pas avant de dormir. Une fois que l'intrigue est en place, l'autrice s'amuse avec notre esprit, nous manipule, nous assaille de questions sans jamais y répondre trop vite. On referme Le Cannibale de Malmö troublée, avec cette sensation désagréable et délicieuse d'avoir frôlé quelque chose de très sombre.
Editions La Bête Noire - Robert Laffont : 22 €