"L'École de la vie" de Marion Fritsch : donnons la parole à ceux qu'on a déjà rayés des listes
Ils s'appellent Antoine, Adama, Inès, Rachid, Pia. Ils ont dix-sept ans, des sacs trop vides et des éclats de rire trop forts. On les a mis dans la "classe poubelle", ce fameux STMG de banlieue où l'échec semble écrit d'avance.
1. Pourquoi on aime ce livre ?
Parce que la forme est aussi audacieuse que le propos. Marion Fritsch choisit les vers libres pour raconter ces vies ordinaires : les mots virevoltent, se resserrent ou s'étalent au rythme des émotions. Sans misérabilisme, sans caricature, elle aborde l'homosexualité, les violences sexistes, l'immigration et l'inégalité des chances avec une sincérité tranquille qui fait beaucoup plus d'effet qu'un long discours.
2. Pour qui est ce livre ?
Pour toutes celles qui ont connu un élève qu'on avait déjà abandonné, ou qui ont elles-mêmes eu l'impression d'être dans la mauvaise case. Ce roman choral parle du déterminisme social sans jamais céder au fatalisme. Il rappelle qu'aucun destin n'est vraiment écrit, et que parfois, un seul professeur qui y croit peut tout changer.
3. On lit ou pas ?
Oui, d'une traite et les yeux grands ouverts. L'École de la vie est une lettre d'amour à une jeunesse qu'on oublie trop vite, portée par une plume rare qui prouve que les mots simples sont souvent les plus puissants.
Editions Albin Michel : 17,90 €