"Avant que tombe la nuit" d'Eva Björg Ægisdóttir : le polar islandais qui vous hantera longtemps après la dernière page

Dans les fjords isolés de l'ouest islandais, Marsí, 14 ans, entretient une correspondance secrète avec un garçon, empruntant le prénom et la personnalité de sa sœur. Le soir où ils devaient se rencontrer, elle renonce au dernier moment. L'anorak de sa sœur est retrouvé taché de sang sur le lieu du rendez-vous. Dix ans passent. Puis une lettre arrive. Et tout remonte. Avant que tombe la nuit, c'est le thriller nordique qu'on n'aurait pas dû commencer un soir de semaine, parce qu'on ne le lâche plus.

"Avant que tombe la nuit" d'Eva Björg Ægisdóttir : le polar islandais qui vous hantera longtemps ...

1 - Pourquoi on aime ce livre ?

Parce qu'Eva Björg Ægisdóttir ne joue pas franc jeu avec nous, et c'est exactement pour ça qu'on l'adore. Elle a l'art de faire de chaque trajet une traversée intérieure : le paysage enneigé, l'obscurité des routes de campagne, les légendes locales qui hantent les bas-côtés se fondent avec l'état mental de son personnage pour produire une atmosphère singulière, où le réel et le fantasmé se brouillent. Le résultat ? On se laisse manipuler de la première à la dernière page, et on trouve ça très bien. Une enquête saluée jusqu'au Prix du meilleur polar islandais


2 - Pour qui est ce livre ?

Pour celles qui aiment les polars qui font mal là où ça compte. Le roman pousse à se demander jusqu'où peut-on vivre avec un mensonge, et que fait-on quand le passé revient frapper à la porte. Il parlera aussi à toutes celles qui ont déjà porté une culpabilité trop lourde pour un seul corps, cette sensation d'être responsable de quelque chose qu'on ne pouvait pas contrôler. Universel, donc. Et glaçant.


3 - On lit ou pas ?

Oui, mais on prévient : dans les petites sociétés, les crimes ne sont jamais isolés, ils sont le produit d'un terreau commun, nourri par des années de non-dits. Eva Björg Ægisdóttir ne fait pas dans la demi-mesure. Elle construit lentement, minutieusement, puis elle frappe. Et le final ? Personne ne l'avait vu venir.




Editions de La Martinière : 21,90 €