POURQUOI on n’arrête pas de PLEURER ?

Nous sommes une grosse madeleine qui se traine dans les rues de Paris et qui pleure, qui n’arrête pas de se moucher, qui regarde une feuille tomber et pleure parce que c’est beau, parce que des gens, qui aimaient se balader dans les rues de Paris, ne verront plus une pâquerette pousser ou un pigeon sans pattes gambader (parce que ça les faisait rire, les pigeons sans pattes tout pourris)…

 

 

 

 

On pleure comme un enfant qui ne comprend pas pourquoi il n’a pas le droit de mettre la main dans le grille-pain. Parce qu’on ne comprend pas pourquoi, bordel de dieu, on peut mourir quand on veut juste s'amuser.

On pleure tout le temps parce qu’on n’a pas compris ce qu’on a fait de mal. Ils étaient surement les plus ouverts d’esprits, les plus tolérants, les plus beaux aux yeux d’une déesse (bah oui c'est forcément une femme si dieu il y a !).

On pleure tout le temps parce qu’on n’a rien pu faire. Parce qu’on ne sait pas taper, parce qu’on ne sait pas être violent. Parce qu’ils voulaient juste vivre dans un monde où se faire du bien devait être une priorité. Parce qu’on ne comprend pas pourquoi on peut mourir parce qu'on a ri.

On pleure comme lorsqu’on faisait des pyramides de Kapla trop haute, et trop belle et qu’elles se cassaient la figure sur un coup de vent. Ce satané coup de vent qui ne vaut rien et qui nous fait pleurer toutes nos larmes parce qu’il a cassé notre beau trésor de pyramide. Maintenant, brique à brique, il va falloir la reconstruire.

 

 

 

 

On pleure parce qu’on a envie de vivre pour tous ceux qui ne sont plus, et ça fait mal, tant de vie d’un coup, ça fait beaucoup trop pour nous, et on voudrait que nos copains morts soient là pour nous décharger un peu, pour leur redonner leur sourire et leur rire qu’ils arboraient avec tellement plus de panache que nous.

On pleure parce qu’on voudrait dire aux méchants fous de venir voir dans notre monde de gentils fous, comme c’est beau, comme c’est joli et comme ils ont tort de mourir pour rien, qu'ils pourraient juste bien se marrer, dans un monde qui peut être super drôle.

On pleure parce qu’ils nous manquent terriblement. Parce qu’on veut revoir ces beaux esprits animer nos terrasses, nos concerts, parce qu’on ne veut pas les voir partir, pour rien, pour la folie de quelques humains.

 

Mais on sourit aussi un peu, parce que ce soir, on a dansé, et ils dansaient tous autour de nous, en riant aux éclats.

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