JE PEUX TRÈS BIEN ME PASSER DE TOI, grand gagnant du Prix Littéraire Confidentielles

Marie Vareille est notre grande gagnante du Prix Littéraire ! Talonnée de près par Et je danse aussi de Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat et Alors vous ne serez plus jamais triste de Baptiste Beaulieu. Elle nous offre un deuxième roman plein de fougue, de joie, de rire, de remise en questions, bref, plein de nous ! On le dévore d’une seule traite, on en redemande et en reprend une petite tranche, juste pour se sentir bien.

Un livre qui a séduit le jury des lectrices Confidentielles parce qu’il parle d’elles, de nous, de vous et rend joyeux ! On se plonge dedans, on se le passe entre copines, on en rit parce qu’il nous ressemble tellement…

Mais chut, c’est Confidentielles !

 

Confidentielles : Je peux très bien me passer de toi, c’est un peu, beaucoup, à la folie, inspiré de vous ?

Marie Vareille : Officiellement non, officieusement oui, un peu quand même. Je crée toujours mes personnages de toute pièce, mais j’ai mis un peu de moi, certains traits de mon caractère et de ma vie quotidienne dans mes deux héroïnes…

C. : Ces deux amies sont-elles pour vous, le reflet de la vie des femmes d’aujourd’hui ?

M. V. : J’ai essayé de créer des héroïnes très proches des filles d’aujourd’hui, de m’inspirer de mes propres aventures (et mésaventures ! ), de celles de mes copines… Mais j’avais aussi envie de confronter deux personnalités tranchées que tout oppose : l’éternelle célibataire au romantisme échevelé et la séductrice blasée qui a déjà tout vu. Certaines femmes se reconnaîtront sans doute dans un de ces profils, d’autres moins…

 [SAUT_PAGE] 

C. : Pensez-vous que les femmes sont un peu perdues entre indépendance, liberté, féminisme, romantisme et féminité ?

M. V. : Oui, je m’emmêle beaucoup les pinceaux sur tous ces sujets, comme beaucoup de filles de nos jours, je crois. Je pense que nous avons la possibilité, aujourd’hui en France d’être indépendantes et de réussir dans nos aspirations. Mais dans la plupart des secteurs, ça reste plus difficile pour une femme que pour un homme.

J’ai des copines qui planquent leur alliance avant un entretien, d’autres qu’on a mises au placard parce qu’elles étaient enceintes…  Bref, le sexisme reste très présent notamment dans le monde  de l’entreprise. À côté de ça, les magazines féminins, la publicité, les réseaux sociaux, la société dans son ensemble nous impose une image toute faite de femme “qui réussit”, uniforme et inaccessible, qui nous laisse souvent un sentiment d’échec injustifié.

Le plus déstabilisant, c’est que beaucoup des diktats de la mode ou de la beauté sont plébiscités par… des femmes. Donc oui, je trouve que c’est difficile d’être une fille dans le monde d’aujourd’hui, mais je pense aussi qu’être indépendante au XXIe siècle, c’est se libérer une bonne fois pour toute du regard des autres et d’assumer d’être qui l’on est, qu’on soit féminine, romantique, féministe ou les trois à la fois.

 [SAUT_PAGE] 

C. : Une de nos lectrices définit votre roman ainsi : « Amour, rêverie, copines & cie », qu’en pensez-vous ?

M. V. : Ça me paraît bien résumé ! J’aurais peut-être rajouté “humour”, c’est une caractéristique importante pour moi, j’avais vraiment envie de faire rire sur ces petits sujets du quotidien et d’écrire une comédie, même s’il s’agit d’une comédie romantique.

C. :  Avez-vous voulu créer un petit manifeste rien que pour les filles ?

M. V. : J’ai écrit ce livre en pensant aux filles, c’est sûr : les filles célibataires dont les histoires ne marchent jamais, les filles qui enchaînent les histoires parce qu’elles ont abandonné leurs idéaux, celles qui ne se remettent pas d’un amour raté, les filles qui rêvent d’un autre parcours professionnel, d’une autre vie. Bref, des filles qui ne sont pas parfaites, mais de vraies filles qui font des bêtises, prennent les mauvaises décisions, se plantent et se relèvent, qui n’ont pas toujours une vie de rêve, mais qui rêvent en grand quand même.

C. : Nos lectrices se reconnaissent beaucoup dans votre façon de romancer. Comment concevez-vous l’écriture et la manière de raconter une histoire au XXIe siècle ?

M. V. : Je crois qu’il faut écrire au XXIe siècle, comme on vit au XXIe siècle. J’écris les choses comme je les vivrais si elles m’arrivaient, comme j’écrirais un mail à une copine pour lui raconter. Mais je crois aussi qu’au XXIe siècle on écrit comme on veut : tant qu’on arrive à toucher le lecteur, il n’y a pas de règles et c’est ça qui est chouette.

 [SAUT_PAGE] 

C. : Trouver le grand amour, une étape clef dans la vie de chaque femme ?

M. V. : Oui et non… L’amour fait partie des questions qui préoccupent beaucoup les femmes comme les hommes au quotidien et ce depuis un petit moment déjà… On se fait tous une idée du “Grand Amour” et on espère le trouver un jour, trouver un partenaire avec qui on va peut-être passer sa vie, voire faire des enfants. Ça reste une étape clef pour les femmes comme pour les hommes d’aujourd’hui. Je pense toutefois que c’est tout aussi important pour une femme moderne de trouver son équilibre dans sa vie professionnelle et personnelle que dans sa vie amoureuse.

C. : Qu’est-ce que vous diriez aux lectrices de Confidentielles pour ne pas passer à côté de leur vie ?

M. V. : Quelles que soient leurs ambitions, je leur dirais d’oser, d’être libre, de ne pas avoir peur, parce que beaucoup de femmes dans le monde n’ont pas cette chance aujourd’hui. Bref “Just do it” ;-)

 

Le mot est dit : Just do it !