"Humain" de Sam Bouffandeau : quand un mot mal entendu ouvre une brèche dans le deuil

Il avait demandé le crématorium. On lui a répondu qu'il n'y avait pas d'aquarium ici. Son père lui avait donné le nom du mauvais village. Et de cette confusion minuscule, de ce glissement absurde entre deux mots, Sam Bouffandeau tire tout un roman. Un an après la crémation de sa grand-mère, le narrateur revient à Humain, village belge perdu sur la carte, pour explorer les agendas laissés par la morte, chargés de secrets qu'elle n'a jamais su dire. 

"Humain" de Sam Bouffandeau : quand un mot mal entendu ouvre une brèche dans le deuil

1. Pourquoi on aime ce livre ?

Parce que Sam Bouffandeau fait quelque chose d'étrange et de cocasse : il suit les accidents de la langue jusqu'à ce qu'ils touchent quelque chose de vrai. Le livre avance comme une dérive, pas comme une enquête. Les mots s'accrochent aux routes, aux arbres, aux objets, et le deuil se dit ainsi, de biais, sans jamais le nommer frontalement. C'est vertigineux et très beau.


2. Pour qui est ce livre ?

Pour toutes celles qui ont cherché, dans les affaires d'un disparu, quelque chose qu'on ne peut pas tout à fait nommer. Ce roman onirique et contemplatif parlera à celles qui aiment la littérature qui prend des risques formels, et à celles qui ont déjà senti que le deuil ne se vit jamais tout à fait comme on l'avait imaginé.


3. On lit ou pas ?

Oui, lentement et attentivement. Humain est un roman qu'on habite, le temps d'une lecture qui laisse une empreinte durable. On le referme avec cette sensation d'avoir traversé quelque chose sans tout à fait savoir quoi. Et c'est précisément pour ça qu'on y revient.





Editions Verticales : 19 €