"Le Roman de Sophie" de Véronique de Bure : derrière la Comtesse de Ségur, il y a une femme libre à découvrir

Paris, novembre 1873. Sophie Rostopchine, la Comtesse de Ségur, vit ses derniers jours dans un petit appartement qu'elle n'a jamais aimé. Elle ne voit plus assez pour lire, ne sort plus. Alors elle se souvient. De la Russie perdue de son enfance, de la Normandie des Nouettes, d'un mari décevant, d'enfants adorés, de batailles silencieuses livrées contre ses éditeurs. Celle qu'on a réduite à l'image sage et moralisatrice de ses romans pour enfants était en réalité passionnée, indocile et éprise de liberté.

"Le Roman de Sophie" de Véronique de Bure : derrière la Comtesse de Ségur, il y a une femme libre...

1. Pourquoi on aime ce livre ?

Parce que Véronique de Bure réussit le tour de force de faire oublier l'icône pour nous restituer la femme. Les passages sur la création littéraire et les rapports avec ses éditeurs sont certainement les plus captivants : on découvre une Sophie qui s'est battue jusqu'au bout pour exister autrement qu'à travers le regard des autres. La plume est élégante, précise, portée par une connaissance intime de son personnage.


2. Pour qui est ce livre ?

Pour toutes celles qui aiment les portraits de femmes que l'Histoire a mal racontées. Ce roman biographique touchera aussi celles qui s'intéressent au XIXe siècle, à l'exil, à la création féminine dans un monde qui ne lui laissait pas beaucoup de place. Et pour celles qui ont grandi avec les livres de la Comtesse de Ségur, c'est une façon troublante et belle de la retrouver autrement.


3. On lit ou pas ?

Oui, et on ressort de cette lecture avec le sentiment d'avoir réparé une injustice. On referme Le Roman de Sophie avec l'envie de relire la Comtesse de Ségur d'un œil neuf, en sachant désormais ce qui se cachait derrière chaque page.




Editions Albin Michel : 21,90 €