"Un conte de fées" de Karine Reysset : quand le prince charmant s'avère être un ogre.

Aurore, jeune orpheline et étudiante brillante, tombe amoureuse de son professeur de lettres. Il la remarque, la guide, la protège. Elle croit au prince charmant. Sauf que les princes charmants de Karine Reysset portent des cravates et savent exactement comment refermer le piège. Quand Aurore réalise, elle est mère de trois enfants, isolée dans une grande maison perdue au milieu de nulle part. Comment partir ? Et pour aller où ?

"Un conte de fées" de Karine Reysset : quand le prince charmant s'avère être un ogre.

1. Pourquoi on aime ce livre ?

L'autrice ne cède pas à la facilité. L'emprise s'installe tout doucement, sans faire de bruit, chapitre après chapitre, comme un étau qui se resserre. On avance avec Aurore, impuissante, pris dans la même toile. L'histoire se déroule avant MeToo, avant qu'on ne parle d'emprise et d'amours toxiques, ce qui rend le silence d'Aurore d'autant plus douloureux et d'autant plus invisible.


2. Pour qui est ce livre ?

Pour toutes celles qui ont déjà confondu protection et possession, admiration et dépendance. Ce roman dissèque avec une précision rare les mécanismes invisibles qui font qu'on reste, qu'on se tait, qu'on attend. Il parlera aussi à celles qui cherchent à comprendre, sans jugement, comment une femme intelligente peut se retrouver piégée.


3. On lit ou pas ?

Oui, et on en tremble encore. Un conte de fées se lit d'une traite, haletant et oppressant, et laisse une empreinte durable. C'est un roman nécessaire, militant sans jamais être didactique. Karine Reysset prouve une fois de plus qu'elle est l'une des voix les plus importantes de la littérature française sur les violences faites aux femmes.




Editions Flammarion : 21 €