"La Reine de mai" de NéO : quand le désir devient une obsession qui rend fou
Tobias Gantzer mène trois vies en parallèle : expert en tableaux anciens le jour, faussaire de génie dans l'ombre, séducteur insatiable la nuit. Un équilibre parfait, jusqu'au moment où tout s'effondre. Confronté à l'épuisement qui guette tout séducteur et tout artiste, il se retrouve face à un tableau mystérieux, la Reine de mai, qui semble progressivement prendre vie. NéO signe avec ce roman le deuxième volet de sa série autour des sept péchés capitaux, et la luxure n'a jamais été aussi inquiétante.
1 - Pourquoi on aime ce livre ?
Parce que ce n'est pas un roman sur le désir, c'est un roman sur ce qui arrive quand le désir disparaît.Tobias voit une image devenir une obsession qui envahit tous les instants de sa vie. NéO joue avec les frontières du réel et du fantasmé, de l'art et de la manipulation, jusqu'à un point de bascule où le charmeur devient prédateur. Troublant, élégant et franchement dérangeant.
2 - Pour qui est ce livre ?
Pour celles qui aiment les thrillers psychologiques qui ont de la tenue littéraire. Mystère, folie et manipulation sont au rendez-vous, mais portés par une plume précise et un univers, celui de l'art, de la fausse identité, des doubles vies, qui donne au récit une profondeur. Pas besoin d'avoir lu le premier tome pour embarquer, même si les deux se répondent joliment.
3 - On lit ou pas ?
Oui, surtout si on aime les romans qui mettent mal à l'aise sans qu'on sache exactement pourquoi. La Reine de mai installe une atmosphère poisseuse et envoûtante, quelque part entre le portrait de Dorian Gray et un épisode de thriller français bien ficelé. On referme le livre avec la vague impression qu'on vient de croiser quelqu'un qu'il vaut mieux ne pas fréquenter.
Editions Albin Michel : 20,90 €