"Spécimen" de Pauline Clavière : le monstre n'était pas toujours celui que l'on pense !

Une mère confie son fils à Mina, son assistante maternelle. Un geste ordinaire, quotidien. Sauf que Mina lui tend un carnet rédigé par son propre fils de 19 ans, Rafael et ce que la narratrice y découvre est insoutenable. Journaliste et romancière, Pauline Clavière ancre son roman dans une angoisse bien réelle : celle que partagent de nombreux parents quand ils confient la garde de leurs enfants à quelqu'un d'extérieur. Sauf qu'ici, le danger vient d'un endroit qu'on n'avait pas anticipé.

"Spécimen" de Pauline Clavière : le monstre n'était pas toujours celui que l'on pense !

1 - Pourquoi on aime ce livre ?

Parce qu'il refuse les raccourcis faciles. L'un des grands atouts de Spécimen réside dans son atmosphère : les lieux, les souvenirs et les silences créent un climat presque oppressant, où chaque détail semble chargé de sens, porté par une écriture sobre et précise. Pauline Clavière ne juge pas, elle observe. Et c'est précisément ce regard frontal, sans filet, qui met si mal à l'aise et qu'on ne peut pas lâcher. 

 

2 - Pour qui est ce livre ?

Pour celles qui veulent qu'un roman leur pose des questions difficiles. Spécimen travaille le grand sujet de notre époque : jusqu'où irions-nous pour protéger nos enfants, et de qui ? Il parlera à toutes celles qui ont déjà ressenti cette vigilance sourde, instinctive, qu'on ne sait pas toujours nommer. Et à celles qui croient, comme la narratrice, qu'écrire peut être une façon d'affronter ce qu'on ne comprend pas.

 

3 - On lit ou pas ?

Oui, même si ça dérange. Surtout parce que ça dérange. Spécimen est un roman dense et captivant, qui séduit par sa profondeur psychologique et sa construction habile plutôt que par l'action pure. On referme ce livre ébranlée, avec cette question qui reste longtemps : Rafael est-il un spécimen unique, ou le miroir d'une réalité bien plus commune ?

 

 

 

Editions Grasset : 24 €