"Appel manqué" de Carole Fives : Messages à cœur ouvert d'une mère de 73 ans

Il s’en passe des choses sur un répondeur téléphonique quand on a 73 ans et qu’on commence à se sentir seule. Dans Appel manqué, Carole Fives capte ces instants avec humour, dérision et lucidité. Plutôt que d’écrire un roman linéaire, elle compose une mosaïque de messages vocaux laissés par une mère à sa fille  entre reproches, réflexions, éclats de mémoire et espoirs décalés.

"Appel manqué" de Carole Fives : Messages à cœur ouvert d'une mère de 73 ans

1 - Pourquoi on aime ce livre ?

Parce qu’il donne une voix irrésistible à une femme d’un âge rarement mis au centre d’un roman. Charlène, 73 ans, n’a rien de l’image fade qu’on associe trop souvent à la vieillesse. Son humour rugueux, ses jugements sans filtre, son regard acéré sur le féminisme, les relations de couple ou son époque font jaillir une énergie rare. Le récit, constitué de messages téléphoniques et de petits monologues, devient une conversation intime et très vivante, où l’on rit autant qu’on s’émeut.


2 - Pour qui est ce livre ?

Pour celles et ceux qui aiment les personnages hauts en couleur, les dialogues spontanés et les récits qui se glissent dans les interstices de la vie. Pour les lecteurs sensibles aux portraits de femmes réalistes, à l’humour qui frôle l’ironie, et à la façon dont une génération peut regarder la suivante sans concession. Appel manqué parle avec vivacité de solitude, de revendications féministes, de mémoire familiale… et de ce que signifie être mère quand on vieillit.


3 - On lit ou pas ?

Oui, sans hésiter. C’est un livre court, vif, irrésistiblement humain, qui renverse le point de vue attendu sur la communication familiale. La forme fragmentée — messages vocaux, pensées enragées ou caustiques — rend la lecture légère mais profondément vraie. Un roman qui donne envie de tendre l’oreille, de sourire, et parfois de réfléchir à ce que nous laissons résonner dans nos propres vies.




Editions L'Arbalète Gallimard : 17 €