imageconsulting, le 05 Fév 2008, 18:51
Le terme de look,

qui a pénétré notre langage familier, sert à désigner précisément l’image globale que chacun donne à voir à un quelconque observateur.
Au-delà des modèles ou des idéaux types diffusés par les médias et les courants de mode, chacun possède un look qui lui est propre, qu’il s’est constitué à travers les multiples interactions et situations de sa vie quotidienne.
Malgré la banalisation médiatique dont il fait l’objet aujourd’hui, le look n’est pas un résidu, un détail ou un accessoire, il est notre mode le plus permanent de communication, notre carte de visite la plus immédiate et la plus personnelle, notre objet de transaction le plus obsédant. Il va bien au-delà du corps qui le supporte ; il n’est pas une chose, mais une structure de sens constamment modulée par les feed-back de l’environnement. C’est à ce titre, qu’il constitue un concept psychosocial de premier ordre.
Toute dégradation des rapports avec les autres se traduit quasi inéluctablement au plan de l’image de la personne. La communication est circulaire : si le look se dégrade parce que la personne se défait psychologiquement et socialement, on peut également intervenir sur la psychologie de cette personne et son contrôle social en réhabilitant son image.
L’exclus possède une image déficitaire de lui-même, à la suite généralement d’expériences sociales désastreuses et pénibles. Cette image va à son tour le désigner dans le jeu social et ainsi confirmer à ses propres yeux que les autres ont décidément une sale image de lui.
Quand la personne ne se bat plus pour son look, qu’elle n’y croit plus, pire qu’elle finit par tomber d’accord avec ceux qui la rejettent (« je ne suis qu’un pauvre type »), toute tentative de réinsertion sociale devient une gageure.
Lui demander dans ces conditions de chercher un emploi ou d’entreprendre des démarches, c’est l’envoyer au « casse-pipe narcissique ».
Aider la personne, en situation potentielle ou réelle d’exclusion, à réhabiliter son image ne constitue pas un gadget, mais bien l’étape fondamentale d’une démarche vers la participation sociale.
Il s’agit de permettre à celle-ci de retrouver des émotions positives, de redécouvrir des possibilités, d’agir sur les interactions au lieu de les subir, d’être en mesure de jouer des rôles dans les situations sociales, d’user de sa séduction comme d’un atout relationnel et d’un mode d’affirmation de soi ; bref, de lui permettre de refaire l’expérience de feed-back valorisants venant d’autrui.
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