Boochoops, le 29 Mai 2007, 12:20
Alain Carignon, 58 ans, ex-maire de Grenoble, ancien ministre et actuel président de l'UMP/Isère, se présente dans la 1ère circonscription du département aux législatives, onze ans après avoir été condamné et écroué pour "corruption".
Investi par l'UMP mais confronté à une dissidence du député sortant de la majorité, il va ainsi tenter de revenir dans le jeu politique dans une circonscription traditionnellement conservatrice, opération à haut risque car sa personnalité controversée pourrait finalement offrir une chance à la gauche.
En l'espace de trois mois, M. Carignon était passé du gouvernement, où il occupait, en 1994, le poste de ministre de la Communication, à la prison pour avoir détourné des fonds à des fins personnelles et au profit de son parti, notamment par le biais de la privatisation des eaux de Grenoble.
Condamné en 1996 pour "corruption et abus de biens sociaux", il devait effectuer 29 mois de prison avant de retrouver ses droits civils et civiques, dont il avait été privé en octobre 2002.
Depuis, Alain Carignon a déclaré à plusieurs reprises: "j'ai payé, la page est tournée".
Il est devenu en 2003 le président de l'UMP en Isère et s'est fait élire par les militants comme candidat dans la 1ère circonscription, dont il avait été autrefois député, contre l'actuel sortant (UMP) Richard Cazenave.
Ce dernier, 59 ans, élu en 2002 avec 54,2% des voix, a dénoncé les élections internes comme "truquées" et a décidé de se représenter sous l'étiquette "majorité présidentielle". Il est soutenu par plusieurs élus UMP et laisse entendre que si M. Carignon est en lice au deuxième tour, la socialiste Geneviève Fiorasso sera élue "sans problème".
Au second tour de la présidentielle, Nicolas Sarkozy avait fait un score relativement modeste (50,7%) dans cette circonscription.
Le parti socialiste est représenté par Mme Fiorasso, 52 ans, ancien cadre chez France Télécom et fidèle de Dominique Strauss-Kahn. Spécialiste des nouvelles technologies, elle est très à l'aise dans les milieux économiques et auprès des chercheurs, une catégorie socio-professionnelle très présente à Grenoble.
Son comité de soutien est présidé par un chirurgien mondialement connu pour ses opérations sur les malades souffrant de la maladie de Parkinson, Alim Louis Benabid.
Le quatrième candidat à prétendre au second tour dans la circonscription, où François Bayrou avait réuni 22% des voix au premier tour de la présidentielle, est le patron du Modem-38, Philippe de Longevialle, expert immobilier de 46 ans, qui dit vouloir que le "nom de Grenoble ne soit plus mêlé aux affaires de M. Carignon".
M. Carignon a annoncé qu'il se présenterait en 2008 aux élections municipales à Grenoble, mais cette candidature ne sera entérinée par ses amis qu'en cas de succès aux législatives. D'autant que le parquet de Grenoble a confirmé en mars dernier qu'une enquête préliminaire le concernant était ouverte sur la concession d'un parking à une société privée en 1992.
Je trouve cela indamissible, comment peut-on accepter cela...
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Aussi longtemps que mon patron fera semblant de me payer, je ferais semblant de travailler