LadyBlue, le 15 Fév 2007, 17:00
SUITE 2 .....
Le grenier est vaste, bourré d'objets hétéroclites accumulés par des générations. Il y a là de quoi pourvoir au moins une dizaine de boutiques de brocanteurs !
- Léa .... j'ai trouvé .... derrière le paravent chinois.
Devant la malle béante, les deux jeunes filles contemplent la robe convoitée.
- Elle parait intacte, dit Aude. Il faut cependant y regarder de plus près. Descendons la. C'est vraiment trop sale ici !
Dans la plus spacieuse des chambres, la seule qui possède un miroir assez grand pour se voir en pied, Léa va, vient, tourne sur elle-même, ne pouvant détacher les yeux de son reflet. Cette résurgence du passé lui donne une grâce incomparable.
- Tu sais, plus je la regarde, plus je suis persuadée qu'il s'agit d'une véritable robe de mariée, dit Aude.
- Attends, murmure Léa, il me revient à l'esprit une chose curieuse.... Après la découverte de cette robe, j'en avais parlé plusieurs fois à Tante Charlotte et à chaque reprise, elle avait détourné la conversation. Ne trouves-tu pas ça étrange ? Elle n'aimait d'ailleurs pas que nous allions fouiller dans le grenier.
- Cette vieille grincheuse a toujours été bizarre !.... La robe te va vraiment à ravir. Alors que décides-tu ?
- Foi de Léa, je la porterai le jour de mon mariage, ne serait-ce que pour faire enrager Tante Charlotte, chacune son tour. Elle nous a assez empoisonnées pendant les vacances avec ses siestes obligatoires !.... Promets-moi de garder le secret. Je veux faire une surprise à toute la famille.
Tandis que la Marche Nuptiale retentit dans l'église, Léa, radieuse, remonte l'allée centrale au bras de son père. Elle est resplendissante dans sa robe de satin nacré dont le plastron de guipure est bordé de deux rangées de perles au reflet laiteux. Le corselet en pointe accentue la finesse de sa taille et le col Medicis met en valeur son cou élancé. De ses cheveux bouclés relevés en chignon piqueté de fleurettes blanches s'échappent quelques friselis légers encadrant joliment son visage.
Son passage déclenche dans l'assistance des murmures d'émerveillement. Les regards la suivent, éblouis. Mais dans les premiers rangs, ceux de la famille, ils sont consternés. Un malaise plane soudain, chargé d'inquiétude. Aude perçoit ce changement. Etonnés, ses yeux scrutent chaque visage. Celui de Tante Charlotte est livide. L'angoisse, de plus en plus pesante, devient palpable.
- Que se passe-t-il ? s'interroge Aude. Quelque chose m'échappe. Pourquoi brusquement font-ils tous des têtes d'enterrement ?
Léa, inconsciente de tout cela, a rejoint son futur époux et prend place à son côté dans le choeur de l'église.
A SUIVRE .....
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