Olga28, le 01 Fév 2007, 13:52
... j'essaye d'écrire ce sujet depuis une semaine au moins et je n'arrive pas à trouver les mots (ce qui pour moi est rare!

)...
Comment résumer 9 ans de vie? Et 75 pages d'un autre sujet qui devrait faire office de préface?
J'essaye quand même, car j'ai besoin de vos regards et de vos impressions sur ce que mon histoire d'amour devient... Voici donc.
Préface (ceux qui ont lu les 75 pages peuvent passer au paragraphe suivant): l'homme que j'aimais depuis huit ans, avec qui je vivais depuis le début, avec qui j'ai connu un amour incroyablement fort, profond, courageux, fertile - eh bien, je le sentais comme "absorbé" par un mal-être qui venait de lui, de moi, de "nous". C'était il y a un an. Nous nous étions séparés deux fois auparavant, dix jours la première fois, un mois la deuxième, et toujours pour les mêmes raisons: en gros, nous avons tous les deux des "mécanismes" qui se mettent en place lorsque l'autre ne va pas bien, et qui font qu'au lieu de nous aider mutuellement on s'enferme l'un l'autre. Je deviens une sorte de "maman" qui le paralyse, il devient blessant, voire agressif (verbalement seulement!).
Nous sommes italiens, nous vivons en France - où il ne se sent pas bien encore, n'ayant pas trouvé de travail, sentant le manque très fort de sa famille, ses amis, les saisons, les rues et les odeurs de sa ville... Nous vivions dans une sorte de huis clos - j'avais un travail et des amis ici, pas lui... et pourtant nous nous aimions tellement que nous restions ensemble, et nous luttions tous les deux pour trouver une solution.
En mars il m'a quittée - c'était un "choix par défaut", peut-être pour grandir séparément, pour trouver chacun une solution à nos problèmes personnels, pour (qui sait) se retrouver un jour avec une force nouvelle et sans avoir gâché notre amour. C'était un risque, mais il ne voyait pas d'autre solution. J'ai été mal à en tomber malade, nous habitions toujours ensemble faute d'argent pour nous séparer... Au bout de trois mois, je suis partie pour l'Italie. Il me disait qu'il ne savait pas s'il m'aimait encore... peut-être pas. Moi, je lui disais que je l'aimais toujours.
Suite: je suis restée en Italie trois mois, louant une chambre et travaillant pour la payer. Je voyais sa famille, ses amis, mais surtout les miens et les nouvelles personnes que j'ai connues; je suis lentement sortie de mon état douloureux, sans vraiment le quitter mais en découvrant que j'arrivais à marcher, à vivre, et même à être sereine parmi ses ruines... J'ai connu des gens que j'aime beaucoup, j'ai des nouveaux amis et une vie qui n'était plus liée à la sienne, pour la première fois. Il est rentré en Italie lui-aussi, nous nous sommes vus quelques fois - parfois c'était hypocritement serein, parfois c'était simplement bien, parfois encore c'était très violent. Vraiment. Quand on grattait un peu nos surfaces, on découvrait que j'étais encore blessée et amère, et qu'il était désespéré. Nous étions jaloux aussi - moi, de ses "amies" qui me semblaient profiter un peu de la situation, lui, de mes nouveaux amis (dont un en particulier, qui est devenu rapidement très proche de moi) qui semblaient capable de me rendre le sourire alors que j'avais été si mal. Je lui ai dit que je ne l'aimais plus - pour la première fois après huit années sans le moindre doute.
Nous sommes rentrés en France en septembre, et - de manière imprévisible - nous nous sommes aimés pendant deux mois, âme et corps, sans jamais revenir en arrière avec les mots (c'était arrivé au printemps aussi, il me disait que la décision de nous séparer restait la même; là, c'était moi qui lui rappelait, en pleurant, que c'était ainsi). Nous avons trouvé deux studios à louer, nous avons vendus des meubles, nous avons déménagé. Il est redevenu assez froid, très critique, blessant. Au bout d'une semaine, j'ai craqué: voilà, il acceptait de risquer que je retombe amoureuse de lui, alors qu'il m'avait vue souffrir comme jamais pour essayer de m'en relever, et qu'il ne voulait pas revenir en arrière et que les problèmes étaient toujours là, qu'il les affrontait de la même manière... Je lui ai dit que je n'aurais pas survécu à une autre séparation comme la nôtre, et que c'est pour ça que je ne voulais pas retomber amoureuse de lui, alors qu'il semblait le vouloir sans pour autant changer la situation.
Aujourd'hui, nous nous appelons tous les jours, nous nous voyons plusieurs fois par semaine, nous voyons nos amis communs souvent ensemble, il a connu mes "nouveaux" amis - j'ai l'impression étrange que nous sommes des faux amis, qui n'abordent pas toute une série de sujets et qui s'effondreraient si lui ou moi rencontrions quelqu'un d'autre. C'est un équilibre des plus fragiles... Un jour, il tombera amoureux d'une autre, et que ferais-je? Ou, si ça m'arrivait à moi, comment pourrais-je le vivre? Je me rends compte que je ne suis pas encore sortie de cette histoire, et lui non plus. Mais je ne vois pas comment ça pourrait évoluer. J'essaye de le vivre au jour le jour, en me disant que c'est la seule manière de grandir vraiment, mais je suis inquiète aussi...
Est-ce que vous avez déjà vécu une situation comme la mienne? J'ai la sensation que tout se tient sur un fil qui peut casser d'une minute à l'autre...