LadyBlue, le 27 Mai 2006, 19:36
SUITE 4
Les jours passèrent. L’épisode des nains n’avait donc soulevé aucune vague. Juin débutait. Dans toute sa splendeur.
“ Ouf ! Bientôt les vacances ! ” songeait Sido en se levant ce matin-là. Elle s’approcha de la fenêtre de leur chambre, l’ouvrit et respira à pleins poumons l’air chargé de parfums fleuris. Elle s’agrippa soudain au garde-corps de fer forgé.
- Qu’est-ce que c’est que cette horreur ?
Une masse de couleur indéfinie, entre gris et marron, souillait de sa laideur le beau vert tendre du gazon. Sans prendre le temps de chausser ses pantoufles, Sido dévala l’escalier et se rua dehors. Elle frissonna lorsque ses pieds nus foulèrent l’herbe encore toute mouillée de rosée. Qu’importe !
- Une taupe ! Il a acheté une taupe de jardin !
Elle en avait vu dans un hypermarché en faisant récemment ses courses. “ Ainsi, c’est cela le dernier cri cette année ? s’était-elle demandé. Jusqu’où vont-ils donc aller dans le mauvais goût et qui peut acheter de pareilles atrocités ? ” Elle avait au moins une réponse à sa dernière question : Marty ! De plus, il avait pris la grande taille ! Environ quatre-vingts centimètres de haut pour un mètre de long. Un chancre, une verrue de Polyphème ! Les nains, à côté, c’étaient des décos de patronage.
- Cette fois Marty, c’est vraiment de la provoc !
Sido toucha la taupe avec répugnance.
- En plus, c’est de la résine de synthèse. Comment en venir à bout ?... Je te jure Marty que je me sortirai de ce piège-là ! Tu as eu tort de me sous-estimer. Je n’ai pas de cours avant 14 h. Ton compte est bon, bestiole, à tout de suite !
Cinq minutes plus tard, après avoir enfilé un jean, un T-shirt et des tennis, Sido était de retour une pioche à la main. Le premier coup rendit un son qui la surprit. A y mieux regarder, elle éclata de rire :
- Ce n’est que du plastique, Marty ! Ce n’est que du plastique. Un bon feu fera l’affaire, dussé-je empester tout le quartier.
Elle rassembla le maximum de pierres à l’écart de la végétation et le plus loin possible de la route, puis elle les étala sur le sol avant de les recouvrir de bois de chauffage. A l’aide de cordes, elle tira la taupe vers l’endroit de la crémation. Elle transpirait à grosses gouttes et devait s’arrêter de temps à autre pour reprendre son souffle. Enfin, tout fut en place. Encore un peu de bois, le contenu du jerrican d’essence pour la tondeuse à gazon et une allumette enflammée... Une petite brise tout à fait opportune se chargea de dissiper progressivement les volutes noires et malodorantes qui s’élevaient du bûcher.
A DEMAIN ......
_________________
____________________________________
Notre adorable Puck au pays des rêves !